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30/11/2009

Cinquième chapitre : Conséquences chez les croyants de ces doctrines de

Cette emphase mise sur les démons, et cette habitude de les chasser d’une manière généralisée chez les croyants, vont avoir les conséquences suivantes :


1)      L’attention du croyant est davantage orientée sur la présence des démons et leurs activités que sur celle de Christ. Il y a là un déséquilibre malsain et non biblique, et les démons obtiennent ainsi les feux de la rampe, et une sorte de gloire à laquelle ils n’ont pas droit. De plus, cela place le croyant sur une position défensive et négative, par la crainte que lui procurera l’idée de l’omniprésence des démons dans sa vie, et une exagération de leur pouvoir et de leur action. Il en découlera une stagnation spirituelle et il se développera une certaine incrédulité, car à force de porter attention et d’essayer d’agir sur les démons, nous perdons de vue que nous devons regarder à Christ seul, si l’on veut demeurer dans la confiance, la quiétude et la victoire. Donc, cette attitude crée chez le croyant une mentalité morbide d’impuissance et de frustration, devant le fait de son obligation de chasser continuellement des démons pour toutes sortes de raisons imaginables. Cette crainte (qui est  contraire à la « crainte de Dieu ») pousse même certains croyants plus sensibles et vulnérables, à chasser des démons partout où ils vont, continuellement, de toute personne qu’ils rencontrent, dans tous les endroits possibles et pièces d’une même demeure, etc. …Cela devient une réelle obsession, et les victimes en deviennent très anxieuses et malheureuses. J’ai moi-même déjà cru et accompli toutes ces œuvres pénibles, stériles et déprimantes, il y a une douzaine d’années, après y avoir été « initié » par des groupes de croyants que je fréquentais. Mais la lumière de Dieu m’en libéra assez rapidement, grâce au temps que je passais avec lui, et la lecture de sa Parole. Je tiens à rajouter que dès ma conversion, j’ai toujours « d’instinct » prié Dieu, de me préserver et de me délivrer de toutes les fausses doctrines ou convictions erronées qui feraient irruption dans ma vie. Dieu a toujours été fidèle pour exaucer cette prière, car elle est conforme à sa volonté. Et je lui en suis très reconnaissant, cela m’a évité bien des problèmes et des jougs inutiles.

 

2)      Le croyant va demeurer dans une vie spirituelle superficielle et même enfantine. Cette manie de chasser des démons pour tous les problèmes, difficultés, maladies, etc., empêche le croyant de grandir en maturité, et de recevoir la lumière sur l’état réel de son cœur; elle l’empêche de recevoir la lumière sur certains péchés que le Seigneur veut lui montrer, l’empêche de recevoir la repentance et la confession, qui seules peuvent emmener une délivrance durable. C’est vrai que souvent le croyant (dans son innocence), lorsque quelqu’un chasse de lui des démons, va recevoir sur le coup un certain répit, une certaine « délivrance », mais elle est pratiquement toujours passagère, car elle est le fruit de l’imagination. Il y a d’abord l’effet placebo : le croyant croit tellement qu’un démon était la cause de ses ennuis et qu’il vient d’en être délivré,  qu’il en ressent un  sentiment de délivrance et même souvent une grande joie.  Mais si le problème (ou la situation) provient d’un péché ou tout simplement d’une permission expresse de Dieu,  il aura tôt fait de revenir, puisque le but poursuivi par Dieu n’a pas été atteint. De plus, le Seigneur, qui a pitié souvent de l’ignorance de ses brebis (autant pour celui qui « chasse » que pour celui de qui on a « chassé »), peut accorder au croyant dans le besoin qui croit sincèrement que cette pratique est correcte, une délivrance momentanée, jusqu’à ce que le croyant ait assez mûri dans la Parole et la connaissance de Christ, pour savoir que la délivrance et la guérison physique et spirituelle proviennent de l’œuvre de l’Esprit dans le cœur de l’homme, de la repentance, de la confession et de la réception de la grâce de Dieu, et non en chassant les démons – 1 Jean 1 :7 :«…Et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. »

 

3)       La vie de l’église devient un jeu religieux où les démons ont obtenu le haut du pavé; il y aura aussi l’importance indue et la popularité que prendront les « chasseurs de démons » au sein de l’Église. En chassant aussi des démons à profusion pour toutes sortes de raisons imaginables, les « chasseurs » risquent ainsi d’accuser faussement un enfant de Dieu d’être possédé par un démon (ce qui est faux et non biblique), le condamnant à chercher une délivrance de quelque chose qui n’est pas réel, créant ainsi une situation de condamnation et de défaite spirituelle. Beaucoup de ces supposés « ministères de délivrance » causent de profonds ravages dans la vie de croyants qui n’ont pas atteint un degré suffisant de maturité et de discernement spirituels, et qui sont émotionnellement fragiles. Tout cela devient une sorte de jeu charnel, qui ne répand aucunement la bonne odeur de Dieu et l’onction du Saint-Esprit. Il y a aussi toute la confusion et la déception qui peuvent atteindre les croyants, en voyant qu’ils n’ont pas vraiment été délivrés. La vie chrétienne devenant de plus en plus un fardeau,  on s’éloigne progressivement « du joug léger » de Jésus. Citons encore notre frère McAlister  (« Le dilemme », p 74 -75 ) : « L’histoire d’un jeune homme de Californie qui avait été sauvé d’une vie immorale, d’expérimentation avec la drogue et l’occultisme me fut racontée. Pendant cinq ans, il avait servi fidèlement le Seigneur, et durant ces deux dernières années, il avait aidé d’autres jeunes gens dont la vie avait été pervertie par les drogues et l’occultisme, en obéissance à Dieu. Pendant cette période, le pasteur du jeune homme en vint à croire que des démons peuvent habiter dans les croyants. Le résultat fut qu’en dépit de la vie fructueuse du jeune homme, son pasteur commença à chasser divers démons hors de lui. L’homme qui me racontait cette histoire, était celui-là même qui avait conduit ce jeune ami à Christ cinq ans plus tôt. C’est avec beaucoup d’émotion qu’il me raconta comment depuis cinq mois, cet excellent serviteur du Seigneur était interné dans un hôpital psychiatrique; tout cela à cause d’une « séance de délivrance » avec un homme raisonnant qu’il doit subsister quelque chose de démoniaque de toutes ces expérimentations faites avec les drogues et l’occultisme. Il serait facile de produire des listes semblables à ce cas-ci. De nombreux pasteurs m’ont raconté comment certains de leurs fidèles, après être allés dans des réunions de prière où des démons étaient chassés, disait-on, revenaient ensuite dans leur propre Église, obsédés par le sujet des démons. Après avoir prêché une fois à ce sujet, une femme vint vers moi en larmes et m’affirma que je lui avais sauvé la vie. Elle s’était trouvée en proie à une terreur des démons, depuis que des amis chrétiens l’avaient emmenée un soir à une « séance de délivrance ». Elle fut si soulagée de savoir qu’en tant qu’enfant de Dieu, elle était protégée des mauvais esprits ».

Editions OR VE SHALOM

Michel C.

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