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10/12/2009

LA parole générale et la parole personnelle de Dieu (suite)

Prenons maintenant le verset d’Éphésiens 6 :17 : «…Prenez aussi le casque du salut, et l’épée de l’Esprit , qui est la parole de Dieu. » Ici, c’est le mot rhêma  (parole personnelle) qui est utilisé dans le Nouveau Testament grec. Contrairement à ce que l’on a souvent pensé et enseigné dans l’Église, il ne s’agit pas là de la parole de Dieu en général dont il est question, de la Bible écrite en général (logos), mais plutôt de la parole personnelle reçue de Dieu, dans notre communion avec lui. C’est cette parole personnelle qui donne la force, l’encouragement, l’assurance et la puissance au croyant. Une parole (soudaine, spontanée) reçue de Dieu est comme une épée : elle éloigne l’ennemi, le doute, appelle la guérison, la délivrance, donne la foi, chasse un démon, opère un miracle, déplace une montagne…La parole écrite comme telle (la Bible), si elle demeure essentiellement doctrinale, conceptuelle, intellectuelle, ne crée pas cette foi et ne change pas le cœur du croyant de façon décisive. On aura beau la lire et la relire, la répéter (ça peut même devenir une sorte de pensée positive), et même l’apprendre par cœur, si elle reste théorique et cérébrale, elle restera sans effet réel et pratique, comme morte (« la lettre tue, l’Esprit vivifie »). La parole de Dieu qui ne va pas au-delà de l’intellect ne peut procurer ni révélation véritable, ni eau, ni nourriture, ni vie…Notre blocage, souvent, peut provenir de notre état d’esprit, de notre ouverture de cœur, de la position théologique face à la parole de Dieu que nous avons reçue des hommes, des buts inavoués ou cachés qui nous motivent à la lire, etc. La Parole de Dieu est comme un combustible; sans l’étincelle de l’Esprit, elle demeure lettre morte. C’est pourquoi il est si important de « recevoir » et de vivre la Parole de façon réelle dans nos vies. D’ailleurs, qui n’a pas expérimenté cette situation et ne s’est pas exclamé un moment donné : « Ça fait 50 fois que je lis ce verset, mais aujourd’hui il est devenu si clair et si brillant pour moi, comme réchauffant et touchant mon cœur directement; c’est la première fois que je le comprends vraiment…»! C’est toujours ce qui arrive quand le logos devient un rhêma…


Dans Romains 10 :17, c’est encore le mot rhêma (parole personnelle) qui est utilisé : « Ainsi la foi vient de ce qu’on entend (et pas nécessairement de ce qu’on lit), et ce qu’on entend vient de la parole de Christ ». Une fois de plus, il ne s’agit pas de la parole de Dieu en général, d’une parole théorique, d’une vérité doctrinale ou morale; il s’agit d’une parole vivante, reçue personnellement par le Saint-Esprit. Donc, pour n’importe quelle situation spirituelle ou circonstance de notre vie, besoin de repentance, décision à prendre, etc., nous n’aurons pas la foi tant que nous n’aurons pas reçu une parole personnelle de Dieu à cet égard, au moment et de la façon choisis par Lui. Il nous faut attendre cette parole, avec laquelle vient la foi. C’est en recevant l’illumination d’un verset et une conviction divine dans le cœur que nous bénéficions des instructions, directions, réponses et lumières dont nous avons besoin personnellement. Nous ne pouvons avoir cette foi avant, peu importe tous les efforts que nous déploierons, car elle ne vient qu’avec la parole personnelle reçue de Dieu. La foi est alors une grâce reçue avec la parole révélée, qui est aussi une grâce de Dieu. La connaissance générale et académique de la parole de Dieu ne créera jamais cette foi; tout au plus, elle ne pourra que la confirmer.

 

        L’histoire de l’Église depuis 2000 ans nous démontre clairement que l’on peut facilement étudier, analyser, disséquer la Parole de Dieu, sans pour autant connaître Dieu véritablement et recevoir sa vie, et sans qu’il y ait le moindre changement de cœur – Luc 10 : 21 : « En ce même moment, Jésus tressaillit de joie par le Saint-Esprit, et il dit : Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les a révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi ». En effet, si la Bible (le logos) ne devient ou ne demeure qu’un livre d’étude académique ou de théologie intellectuelle, ou seulement un livre de doctrines, de principes, d’obligations, de morale ou de sacrements, elle n’apporte pas la vie de Dieu, ni la foi agissante par l’amour. L’histoire montre que l’Église, au fil du temps, a toujours tendance à ramener la Bible à un livre d’étude intellectuelle, apportant une somme de connaissances historiques, sociologiques, archéologiques, linguistiques, etc.; ces connaissances ne sont pas un mal en soi, elles ne sont pas inutiles, loin de là. Elles servent souvent à confirmer la vérité de la Bible en tant que telle, ou ce que le Seigneur nous a déjà dit ou expliqué par son Esprit. Elles peuvent être utiles à l’Église dans certains domaines, et l’aider à demeurer dans la saine doctrine. Elles peuvent aussi être indispensables pour certains ministères dans le champ de mission, par exemple la linguistique pour la traduction biblique. Mais la connaissance théologique intellectuelle, dont l’Église est si friande aujourd’hui (comme depuis toujours hélas!), n’est pas la connaissance de Christ. Une connaissance « religieuse » de la Bible, sans l’intervention et la lumière du Saint-Esprit, peut même nous mener tout droit à l’orgueil et à l’incrédulité (voir 2 Timothée 3 :7). La religion du savoir, qui glisse ostensiblement dans les méandres de la sagesse humaine, peut s’avérer un réel obstacle à la vie de l’Esprit et à la communion avec Dieu. Jacques 4 : 6 : «Il accorde, au contraire, une grâce plus excellente; c’est pourquoi l’Écriture dit : Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. » Posons-nous la question : qu’est-ce qui apporte aujourd’hui la notoriété aux ouvriers dans l’Église en général? Est-ce la connaissance de Christ, ou le nombre d’années d’étude en théologie, avec les diplômes qui en résultent? Avons-nous adopté dans l’Église les même critères de professionnalisme qui régissent les activités du  monde? Je laisse à chacun le soin de répondre à ces questions. D’autre part, la Bible ne nous enjoint pas à l’étudier, dans le sens purement académique ou intellectuel du terme, mais à la méditer, ce qui n’est pas du tout la même chose…C’est elle qui doit nous étudier – 2 Timothée 3 :16-17 : « Toute Écriture est inspirée de Dieu (soufflée par Dieu), et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre ». Voyons aussi 1 Corinthiens 8 :1b : « …La connaissance enfle, mais l’amour édifie ». 1 Cor. 13 :2 : « Et quand j’aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j’aurais même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien ». Or, l’amour ne provient que de la connaissance de Christ, fruit de notre communion avec Dieu par le Saint-Esprit.

 

        De même, la prédication de l’Évangile, pour procurer un impact réel et opérer des changements dans les cœurs, doit provenir d’une parole ou révélation personnelle reçue de Dieu à travers les Écritures, sinon elle ne procure qu’un assentiment intellectuel ou sentimental, qui s’envolera aussitôt comme une vapeur – 1 Corinthiens 2 : 1 et 4-5 : « Pour moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n’est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de Dieu…et ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d’Esprit et de puissance, afin que votre foi soit fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu ». En fait, tout ministère réel (que ce soit la prédication, l’enseignement, l’évangélisation, l’exhortation, etc.) devrait être un ministère de « rhêmas » -- Jean 3 :33-34 : « Celui qui a reçu son témoignage a certifié que Dieu est vrai; car celui que Dieu a envoyé (qu’il soit prédicateur ou simple croyant qui exerce la miséricorde…) dit les paroles (rhêmas) de Dieu, parce que Dieu ne lui donne pas l’Esprit avec mesure ». Nous retrouvons ici les trois éléments essentiels de tout vrai ministère :

  •  C’est Dieu qui envoie
  •  L’envoyé dit, rapporte les paroles qu’il a entendues (et non pas étudiées – l’aspect témoignage est toujours essentiel)
  •  Dieu lui accorde l’Esprit nécessaire pour « répandre » ce qu’il a reçu (on parle ici du Saint-Esprit, et non pas de l’intelligence et de la sagesse de l’homme)

 

        Deux autres versets énoncent, on ne peut plus clairement, cette norme pour celui qui parle au nom du Seigneur – Jean 14 :10 et Jean 17 : 8 : « Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi? Les paroles que je vous dis (rhêmas), je ne les dis pas de moi-même; et le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres ». « Car je leur ai donné les paroles (rhêmas) que je tu m’as données; et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé ». Et Jésus a dit que nous ferions, par son Esprit, les mêmes œuvres que Lui (et même de plus grandes)…Donc, ce qui vaut pour Jésus, vaut aussi pour nous; nous ne sommes quand même pas plus grand que notre maître!

 

        Dans Jean 5 :46-47, nous voyons, il n’y a aucun doute, que Dieu fait lui-même une distinction entre sa parole générale (les Écritures) et sa parole personnelle : « Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, parce qu’il a écrit à mon sujet. Mais si vous ne croyez pas à ses écrits (le logos – l’Ancien Testament – la Bible), comment croirez-vous à mes paroles (rhêmas)? » Dans Luc 17 : 5-6, nous avons encore la confirmation de cette différence fondamentale entre les deux mots logos et rhêma, ou si l’on veut, entre les deux réalités de la parole, générale et personnelle : « Les apôtres dirent au Seigneur : Augmente-nous la foi. Et le Seigneur dit : Si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à ce sycomore : Déracine-toi, et plante-toi dans la mer; et il vous obéirait ». Quand nous faisons face à des situations difficiles dans notre vie, à un problème de maladie ou de péché, à des épreuves et des échecs, à une direction à prendre, c’est le rhêma (parole personnelle) reçu qui nous procure la foi nécessaire. Cette foi créée par une parole vivante peut alors déplacer des montagnes. Une connaissance générale et  intellectuelle de la Parole ne procure pas cette foi, à moins que cette parole ne devienne un rhêma (révélation personnelle). Ou si l’on veut faire abstraction des deux mots grecs, on peut dire que la parole générale de Dieu ne procure pas la foi agissante dans certaines situations particulières, à moins de devenir parole personnelle. Le logos change la pensée et le comportement du croyant d’une façon générale; le rhêma suscite une décision ou action particulière. Le logos prépare l’esprit de l’homme; la rhêma suscite la réaction…Éphésiens 5 :26 ; « …Afin de la sanctifier en la purifiant et en la lavant par l’eau de la parole (rhêma)… » Ce sont les rhêmas de Dieu qui dénouent nos situations de crise, nous délivrent de l’endurcissement du cœur et de l’esclavage du péché; les paroles personnelles de Dieu apportent une sanctification ciblée et une purification dans la vie pratique. C’est d’ailleurs ce qui se produit dans les trois passages de Matthieu 26 :75, Marc 14 :72 et Luc 22 :61, où Pierre, après son triple reniement, se rappelle de la parole (rhêma) que lui avait dite Jésus. Le résultat ne se fait pas attendre; cette parole personnelle revenant à sa mémoire provoque immédiatement chez lui une profonde repentance : « …Étant sorti, il pleura amèrement ».

 

        Certaines versions, en accord avec le sens littéral grec de Marc 11 :22, rendent le texte ainsi : « …Ayez la foi de Dieu ». Comme la foi qui nous pousse à l’action vient des paroles révélées et personnelles de Dieu, il nous faut absolument les recevoir, si nous voulons connaître et accomplir « les œuvres que Dieu a préparées d’avance » pour chacun de nous. Sinon, nous risquons de nous égarer dans nos propres œuvres, celles qui proviennent de notre propre fond. Pour entendre la voix de Dieu de façon personnelle, il suffit d’être rempli de l’Esprit, de marcher par l’Esprit. Si nous découvrons que nous ne  sommes pas remplis de l’Esprit, nous avons juste à demander à Dieu de nous remplir – Luc 11 :13 : « Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent ». Cette promesse ne vaut pas seulement pour le moment de la nouvelle naissance, mais elle vaut pour tout le temps que dure notre pèlerinage chrétien ici-bas. Nous devons tout simplement et humblement faire part à Dieu de notre manque et de notre besoin de son Esprit, pour pouvoir entrer plus intimement dans sa présence et entendre sa voix. Dieu est fidèle pour nous accorder toute demande conforme à sa Parole. Et à chaque fois que Dieu accorde une parole personnelle, le croyant bénéficie d’une réponse à un questionnement, du dénouement dans une situation spirituelle ou temporelle…

 

        En fait, il n’y a pas d’opposition entre les deux mots logos et rhêma; ils sont plutôt complémentaires…Voyons de quelle manière ils peuvent si bien se compléter, en examinant le cas de deux passages où la parole est comparée à une « épée » : Hébreux 4 :12 et Éphésiens 6 :17 : « Car la parole (logos) de Dieu (dans sa totalité, dans son ensemble, en tant qu’Écriture – 2 Tim. 3 :16) est vivante et efficace, plus tranchante qu’un épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles; elle juge les sentiments et les pensées du cœursur une base continue et progressive (comme on l’a vu précédemment), ou à condition qu’elle devienne effectivement « l’épée de l’Esprit, qui est la parole (rhêma) de Dieu ». On emploie une fois le mot logos et une fois le mot rhêma. N’y a-t-il pas là une précision de la part de Dieu, qui veut nous signifier que toute sa parole (logos) est disponible et susceptible de changer les cœurs, mais d’une façon plus précise et particulière lorsque nous sommes rendus capables de la recevoir comme parole personnelle, concrète et agissante (rhêma)?

 

        Enfin, dans les cas exceptionnels où le mot logos est employé pour désigner ce qui semble être une ou des paroles personnelles ou particulières, on peut déceler facilement que Dieu veut leur donner une portée plus générale, c’est-à-dire que cette parole vaut non seulement pour la personne à qui elle est dite à ce moment, mais s’adresse aussi à un grand nombre de personnes pour toute la durée de l’Église  -- Matthieu 19 :21-22 : « Jésus lui dit : Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. Après avoir entendu ces paroles, le jeune homme s’en alla tout triste; car il avait de grands biens ». Tout le monde sait bien qu’une foule de croyants ont entendu dans leur cœur cette injonction de Jésus depuis 2000 ans, et que plusieurs lui ont répondu de façon affirmative (comme d’autres ont pu répondre non, ainsi que le jeune homme riche de notre passage). En fait, il s’agit d’une parole donnée en même temps à une personne et à plusieurs personnes, d’où l’utilisation du mot logos (la parole devient une sorte de maxime). C’est un peu le même principe qui pourrait s’appliquer à Matthieu 7 :24, où le mot paroles prend le sens de «le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas ». Il s’agit d’un principe général inhérent à la Parole de Dieu, comme base de toute vie chrétienne réelle. Pour cet emploi plutôt rare du mot logos, nous pourrions conclure que « l’exception confirme la règle »!

Edition OR VE SHALOM

Michel C.

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