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13/02/2010

Le don des langues et le baptême de l’Esprit : Un seul tout, ou deux réalités distinctes ?

Le baptême de l’Esprit, si l’on s’en tient encore aux Écritures, est non seulement accessible pour tous les croyants, mais obligatoire, car Dieu ne fait pas deux catégories de croyants ; le Saint-Esprit ne crée pas d’élite chrétienne spirituelle, et ne fait pas de favoritisme. Tous ont accès à la puissance du Saint-Esprit. Mais en est-il ainsi du don des langues, qui n’est qu’un don spirituel parmi tant d’autres, dons que le Saint-Esprit distribue à ceux qu’Il désire, selon sa souveraineté et sa connaissance de toutes choses ? La réception d’un don spirituel est un outil que le Seigneur accorde pour Le servir. Une quantité de versets, comme nous le verrons au fil des chapitres, nous indiquent clairement que certains croyants recevront ce don (parler en langues) en même temps que le baptême de l’Esprit, d’autres non.


Éphésiens 1 :13 : « En lui vous aussi, après avoir entendu la Parole de vérité, l’Évangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis… »

 

1 Corinthiens 12 :13 : « Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit. »

 

Matthieu 3 :11 : « Moi, je vous baptise d’eau, pour vous amener à la repentance ; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi…Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu. »

 

La Parole nous enjoint d’être continuellement rempli du Saint-Esprit…Ce n’est pas une option, c’est une recommandation maintes fois répétée pour tous les croyants. S’il fallait que tous ceux qui n’ont pas reçu le don des langues n’aient pas reçu le baptême de l’Esprit, la situation serait vraiment tragique et désespérante pour l’Église… De plus, aucun verset doctrinal ne stipule dans tout le Nouveau Testament qu’il y a un signe spécial pour le baptême de l’Esprit. Et nous savons que les doctrines ne doivent pas provenir des usages, expériences et traditions des églises, mais plutôt de la Parole de Dieu dans son ensemble. La Parole de Dieu doit corriger les mauvais usages que les hommes développent souvent de façon spontanée ou graduelle. Le baptême de l’Esprit et le don des langues sont donc, nous le verrons de façon on ne peut plus claire, par la Parole et les réponses même de Dieu, deux réalités bien distinctes et séparées, mais qui peuvent parfois être reçues en même temps. Si nous gardons l’esprit ouvert, il nous est plus facile de voir combien les Écritures sont pourtant tout à fait claires à ce sujet…

 

Il est vrai que l’expression « baptême du Saint-Esprit » (ou de l’Esprit) a pris au fil des siècles, et surtout des dernières décennies, un sens parfois assez différent d’une dénomination chrétienne à l’autre ; cependant, on peut noter deux significations principales au sein du mouvement évangélique :

 

1) Baptême du Saint-Esprit = réception initiale (accueil) du Saint-Esprit ; le mot baptême prend alors un sens de « première fois », début, inauguration…

 

Dans ce sens, tout comme la circoncision représentait l’entrée dans l’ancienne alliance, dans le peuple juif, le baptême du Saint-Esprit signifie l’entrée dans le peuple de Dieu. Et comme la circoncision n’arrivait qu’une seule fois, étant un point de départ, le baptême de l’Esprit n’arriverait qu’une seule fois à la nouvelle naissance (Éphésiens 4 :5)…

 

Toujours selon cette signification, on pourrait ajouter que le baptême de l’Esprit est l’entrée réelle dans le corps de Christ, alors que le baptême d’eau serait « l’entrée publique » dans la famille de Dieu (1 Corinthiens 12 :12-13).

Le Nouveau Testament semble parfois privilégier cette signification, utilisant indifféremment et de façon interchangeable les expressions « baptême de l’Esprit » et « réception de l’Esprit »…Voici d’ailleurs ce que disait de 1 Corinthiens 12 :12-13, un réputé enseignant biblique juif messianique (chrétien): « Ce passage enseigne clairement que la participation au corps de Christ se fait grâce au baptême par l’Esprit : ce dernier est la seule façon d’y entrer, que ce soit pour le Juif ou pour le Gentil, il n’existe aucune différence sur ce point. C’est là la seule conclusion que nous pouvons tirer de ce passage » (extrait de la causerie: « Les Juifs, les Gentils et les chrétiens »).

 

2) Baptême du Saint-Esprit = être immergé dans la présence de Dieu, être rempli du Saint-Esprit, être revêtu d’une nouvelle onction, recevoir un renouvellement de l’Esprit…

 

Selon cette signification, on pourrait dire : tout comme le baptême d’eau est une « plongée » dans l’eau, dans la mort et la nouvelle vie en Jésus (Romains 6 :4), le baptême du Saint-Esprit est une « plongée » dans l’eau de l’Esprit, dans la plénitude de l’Esprit (Matthieu 3 :11). Il s’agit donc plus d’une « effusion » spéciale de l’Esprit, et c’est cette approche qu’ont adoptée en général les milieux charismatiques. Pour ma part, c’est aussi l’interprétation que j’avais reçue et adoptée dans les débuts de ma vie chrétienne. Et quand Jean-Baptiste dit de Jésus : « Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu », il y a certainement dans cette expression un sens d’être plongé dans la présence de Dieu, d’être rempli de l’Esprit de Dieu, d’être baptisé dans sa communion et sa lumière… Nous utiliserons donc parfois l’expression « baptême de l’Esprit » d’après cette signification…

 

Aujourd’hui, je crois qu’il y a du vrai dans les deux significations, car il y a dans le Nouveau Testament des versets pouvant tendre vers l’une ou l’autre d’entre elles. Alors, étant donné que l’expression « baptême de l’Esprit » ne signifie pas tout à fait la même chose pour tout le monde, et pour que personne ne soit empêché de recevoir la bénédiction du Seigneur en achoppant sur une signification particulière accordée à cette expression, je vais utiliser la plupart du temps, côte à côte, et quelquefois de façon interchangeable, les deux expressions suivantes : baptême de l’Esprit et effusion de l’Esprit. L’expression baptême de l’Esprit désignera généralement la réception initiale de l’Esprit à la nouvelle naissance (sauf forcément dans le contexte de certaines citations), tandis qu’ « effusion de l’Esprit » sera utilisée pour toutes les interventions (immersions) subséquentes du Saint-Esprit. Nous ne devons pas oublier que le fond du message est plus important que la forme, et que la vérité de Dieu est plus grande que les mots. Lisons avec notre cœur plus qu’avec notre tête. D’ailleurs, la Bible elle-même nous met en garde contre la tendance que nous avons souvent à mettre une extrême emphase sur nos interprétations et l’orthodoxie des mots, au détriment de la véritable connaissance de Dieu et de l’amour fraternel – 2 Timothée 2 :14 : « Rappelle ces choses, en conjurant devant Dieu qu’on évite les disputes de mots, qui ne servent qu’à la ruine de ceux qui écoutent ».

 

Maintenant, quelle signification donner à l’expression « effusion de l’Esprit » que nous allons utiliser : le mot effusion vient du mot latin effundere = répandre. Donnons quelques synonymes du mot effusion : épanchement, tendresse, élan…Une effusion est donc un épanchement au sens propre et figuré du terme : effusion de joie, de tendresse, de sang, d’Esprit-Saint…Une effusion de l’Esprit est donc l’action de Dieu de répandre son Esprit de façon spéciale, particulière, abondante, sur une personne ou un groupe de personnes. L’intensité et les effets pourront varier, selon les desseins de Dieu. Donnons encore quelques expressions pouvant nous aider à mieux cerner cette réalité d’une effusion de l’Esprit :

 

  • Visitation ou intervention spéciale du Saint-Esprit, souffle de l’Esprit…
  • Expérience d’une présence accrue de Dieu…
  • Revêtement spécial du Saint-Esprit, onction…
  • Être rempli du Saint-Esprit (action soudaine)…
  • Être enveloppé par la présence de Dieu, être immergé dans la tendresse et la connaissance de Dieu…etc.

 

Il va sans dire que le baptême de l’Esprit, signifiant la réception initiale de l’Esprit, comprend implicitement une effusion de l’Esprit. Cela va de soi : toute réception de l’Esprit (initiale ou subséquente) est en fait une effusion de l’Esprit. De toute façon, nous allons utiliser les deux expressions. Regardons plutôt à ce que Dieu veut nous apprendre de fondamental et à ce qu’Il veut nous donner.

Michel C.

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