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19/02/2010

Histoire de la théorie du signe du baptème du Saint esprit

Cette idée (apparue au 20e siècle) qui veut que le don des langues soit le signe du baptême de l’Esprit, est devenue comme une sorte de formule sacramentelle…Comment une idée aussi particulière et nouvelle a-t-elle pu surgir après 1900 ans de christianisme ? La réponse est la même que pour toutes les autres erreurs qui se sont glissées depuis le début de l’Église : c’est ce qui arrive lorsque l’homme cherche à expliquer ce qu’il voit au lieu de s’en tenir à la vérité biblique dans son ensemble.


Nous savons, en effet, qu’il ne faut jamais fonder de doctrines, usages ou traditions, à partir de ce qui a été vu ou vécu, mais plutôt à la lumière des enseignements et vérités de base de la Parole de Dieu. Manifestement, certains de nos conducteurs spirituels ont failli à la tâche au début du 20e siècle. Plusieurs chrétiens, à la vue de nouveaux phénomènes dus au réveil (dont le don des langues accordé à la majorité dans certains groupes…), sont tombés spontanément dans des déductions et usages spirituels de nature douteuse... Et les théories erronées résultant de ce réveil fracassant se perpétuent depuis, de génération en génération, transmises de l’homme à l’homme, pour lentement et finalement être adoptées comme doctrines dans plusieurs églises. Ces conducteurs spirituels auraient dû, à ce moment-là, s’investir plus profondément dans la Parole et questionner Dieu, pour vérifier auprès de Lui ce qu’il en était vraiment, afin d’éviter les débordements et les déformations qui surgissent parfois suite à un réveil.

Voici plus précisément ce qui s’est passé en 1900 aux États-Unis, lorsqu’un jeune pasteur, Charles Parham, avec un petit groupe de chrétiens, se mirent à rechercher le baptême (ou effusion) de l’Esprit, pour mettre fin à une vie chrétienne pauvre et stérile. Le problème, c’est qu’avant même de l’avoir reçu, ils se mirent en frais de rechercher et demander une preuve visible qu’ils l’auraient bien reçu…Leur erreur fut donc de déterminer d’avance qu’il y avait un critère physique et visible du baptême de l’Esprit. Et en parcourant les Écritures, dans leur excitation et une certaine tension, ils crurent y déceler que ce critère était le parler en langues. Ils se mirent donc à demander à Dieu le baptême de l’Esprit accompagné du don des langues, comme preuve, sans se rendre compte qu’ils faisaient ainsi deux demandes spécifiques et séparées, et non une seule, comme ils le pensaient. Au lieu de demander seulement le baptême (ou effusion) de l’Esprit, comme les chrétiens l’avaient toujours fait depuis le temps des apôtres, et laisser Dieu y ajouter autre chose s’Il le désirait, ils demandèrent le baptême de l’Esprit et le don des langues. Et Dieu ayant exaucé leur prière telle que demandée, c’est-à-dire leur ayant accordé les deux grâces en même temps, l’inévitable se produisit : comme ils avaient déjà décidé qu’il y avait un signe pour le baptême de l’Esprit, ils prirent alors leur expérience pour « la norme », et aussitôt, dans leur logique, établirent le dogme du « signe initial », qui devint par le fait même une généralisation. C’est là l’erreur fondamentale du début d’un mouvement qui, malgré cela, sera quand même richement béni et utilisé par Dieu durant tout le 20e siècle.

Pourquoi Dieu a-t-il permis cette erreur ? Nous savons tous que Dieu se sert de nous, malgré nos erreurs et imperfections…Il ne faut pas penser non plus que ces chrétiens étaient de mauvaise foi ; ils ont été logiques avec ce qu’ils avaient déjà perçu, et ils ont cru sincèrement qu’ils étaient dans le vrai. Pourtant, une personne qui reçoit le baptême (ou effusion) de l’Esprit n’a absolument pas besoin de signe physique ou visible pour savoir qu’elle a été remplie ; elle en est totalement consciente et certaine. Tout son être vibre par le Saint-Esprit et elle est entièrement transformée, à ce moment-là. Même les autres vont s’en apercevoir, tant elle répand l’odeur de Christ et présente le fruit de l’Esprit. Demander un signe physique, visible ou extérieur du baptême (ou toute effusion subséquente) de l’Esprit, ou de toute réalité spirituelle, peut dénoter une certaine dose d’incrédulité, d’ignorance, ou une attitude quelque peu charnelle. De plus, cette façon de demander des signes (pour une réalité spirituelle) peut s’avérer dangereuse dans les cas où Dieu décide de ne pas en donner (Dieu parfois éprouve et purifie le cœur et la foi par son silence et un temps d’inaction…). (N.B. :Il ne s’agit pas cependant d’éliminer la possibilité et l’utilité des signes dans certaines situations, comme pour connaître la direction divine).

Cette théorie de « signe initial » peut donc s’avérer trompeuse et induire des gens dans l’erreur. Voici d’ailleurs ce qu’écrivait le réputé missionnaire aux Indes, Stanley Jones, qui avait été littéralement, et de façon spectaculaire, baptisé du Saint-Esprit (avec d’autres frères), mais sans recevoir le don des langues : « Les preuves du Saint-Esprit ? Le Saint-Esprit lui-même était sa propre preuve. Il n’y avait besoin d’aucune autre preuve et personne n’en demandait. En vouloir une aurait été comme vouloir la preuve du soleil qui brille à midi. Personne ne parla en langues car cela n’était pas enseigné. »

Des centaines de milliers de chrétiens ont été sans conteste baptisés ou remplis du Saint-Esprit depuis les temps apostoliques jusqu’à aujourd’hui, sans recevoir le don des langues. A l’inverse, depuis le début, mais surtout durant le 20e siècle, des milliers de chrétiens ont reçu le don des langues, en même temps que le baptême (ou effusion) de l’Esprit, sans l’avoir demandé ou exigé de la part de Dieu. L’histoire nous montre que des années 1500 à 1900, des milliers de chrétiens (Vaudois, Anabaptistes, Quakers, Cévenols, Méthodistes, Russes, Arméniens, etc.) ont reçu le baptême de l’Esprit de façon certaine, dont une partie recevait aussi le don des langues. Mais jamais ces gens ont pensé, déduit ou affirmé que c’était le signe initial du baptême de l’Esprit. Ils savaient qu’il s’agissait pour eux d’une grâce reçue en plus du baptême de l’Esprit et non une preuve. Ils ont toujours considéré que la preuve était intérieure et non extérieure. Ce qui mettait sur le même pied d’égalité les baptisés « avec » et les baptisés « sans » le don des langues.

Parce que si cette théorie du « signe initial » était vraie, cela signifierait que pendant 1700 ans, pratiquement et presque aucun chrétien n’aurait été baptisé du Saint-Esprit, ce qui est tout à fait inconcevable, quand on connaît les œuvres incroyables que le Seigneur a faites durant tous ces siècles par ses enfants, qui pour la grande majorité ne parlaient pas en langues. De plus, cela vient en contradiction directe avec plusieurs paroles de Jésus et passages de tout le Nouveau Testament, quant à la promesse de la réception du baptême dans le Saint-Esprit. Bien sûr, il y a probablement eu pendant tout ce temps quelques chrétiens qui priaient en d’autres langues, mais cela ne semblait pas généralisé comme aux 1e et 20e siècles.

C’est donc par le raisonnement humain que des chrétiens en sont venus à la déduction et à la théorie du « signe initial », et cela démontre que nous sommes toujours vulnérables à la superficialité et à notre manque de fidélité et d’enracinement dans la Parole de Dieu. Et cela a toujours des conséquences néfastes : rien n’aura peut-être autant semé la division, la confusion et la suspicion parmi les chrétiens en cette fin des temps, que cette histoire de « signe initial », qui n’a pourtant aucun véritable fondement biblique. Cependant, il semblerait que le Seigneur commence à changer lentement la situation et le cœur de certains de ses enfants, pour corriger ces conceptions erronées qui traînent en longueur. Comme l’a déclaré un missionnaire américain qui a œuvré en Afrique et que j’ai rencontré: « Parfois »les chrétiens qui reçoivent le Saint-Esprit reçoivent le don des langues… » Parfois… peut-être plus dans une église, peut-être moins dans une autre…Dieu fait ce qu’Il veut. Je suis d’accord avec lui aussi lorsqu’il explique que les signes donnés dans la Bible pour une personne « remplie », baptisée du Saint-Esprit sont des signes spirituels et non pas physiques.

Quels sont les signes d’une personne qui est « remplie » du Saint-Esprit ?

  • cœur qui déborde de louange et d’adoration (la vraie, celle qui part de l’intérieur…) ;
  • confiance et actions de grâces pour toutes choses en tout temps ;
  • attitude docile, humble et aimante envers les autres ;
  • le fruit de l’Esprit (Galates 5 :22) ;
  • connaissance et marche dans la volonté de Dieu ;
  • produire toutes sortes d’œuvres bonnes (celles de Dieu) ;
  • attitude de service (servir les autres sans rien attendre en retour).

Dieu « n’étampe » pas de façon physique ou terrestre les chrétiens en :

  • remplis et non-remplis…
  • baptisés du Saint-Esprit et non-baptisés…

…tout comme il n’y a pas d’étiquetage physique et visible entre « sauvés » et « non-sauvés »…Sinon ce serait bien trop facile ; on n’aurait qu’à voir avec nos yeux humains ou à entendre avec nos oreilles humaines… Nous n’aurions alors pas besoin de discernement spirituel ! Or, pour savoir si une personne est née de nouveau, baptisée et remplie du Saint-Esprit, il faut regarder avec les yeux de l’Esprit ; les signes sont l’amour, le fruit de l’Esprit en général, la sanctification, la marche chrétienne, le témoignage, etc. (Actes 6 :3). De plus, cette obsession du parler en langues aura causé chez plusieurs croyants du désarroi, de la tristesse, de la culpabilité et de la stérilité. Dieu ne fait pas acception de personnes, ne crée pas deux catégories de croyants, ne contredit pas sa propre Parole, ne nous trompe jamais…Romains 3 :4 :… « Que Dieu au contraire, soit reconnu pour vrai, et tout homme pour menteur… »).

C ‘est pourquoi, à l’autre extrême, ceux qui affirment que les dons dit charismatiques  (incluant le don des langues) ne sont plus pour aujourd’hui, mais étaient seulement pour le début de l’Église, se contredisent eux-mêmes et contredisent la Parole de Dieu. D’une main, ils affirment que « toute » la Parole de Dieu est éternelle et valable pour les hommes de tous les temps, qu’elle est vérité pratique et applicable pour les chrétiens et l’Église de toutes les époques ; de l’autre main, en rapport à l’exercice des dons surnaturels (et des langues) dans la vie du croyant et de l’église, ils affirment ni plus ni moins que Paul aurait écrit trois chapitres complets (12 à 14) de la première épître aux Corinthiens seulement pour les premiers chrétiens, et que cela ne vaut plus pour aujourd’hui ! Alors, à la limite d’un tel raisonnement, devrions-nous les enlever de nos bibles, si ça fait 1800 ans que ces chapitres (ainsi que bien d’autres versets du Nouveau Testament) ne sont plus applicables!? Et pourquoi les pères de l’Église, quand ils ont adopté de façon officielle le canon des Écritures vers 400 après Jésus-Christ, n’ont-ils pas enlevé ces passages, s’ils étaient déjà devenus caduques ? Oh ! quand notre incrédulité remplace la Parole et la puissance de Dieu ! On voit bien que lorsque nos raisonnements humains remplacent l’équilibre de toute la Parole, nous devenons sujets à toutes sortes de contradictions…Le Seigneur nous appelle à croire sa Parole, et non pas à l’arranger et à la juger.

Michel C.

Or Vê Shalom

 

Commentaires

hello, bonne analyse qui tiens la route. c'est vrai qu'il est souvent difficile de percevoir l'esprit de la lettre
merci pour l'article :)

Écrit par : bapteme faire part mariage | 24/11/2010

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