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19/02/2010

La vie chrétienne : Où sont les priorités ?

Le don des langues (tout comme n’importe quel autre) ne doit pas être un « veau d’or », élément d’idolâtrie, d’orgueil et de division. Il faut éviter les dangers qui nous guettent dans notre manière de rechercher les dons et bénédictions du Saint-Esprit :


· Il faut éviter de rechercher les dons et expériences en eux-mêmes, mais plutôt rechercher la Personne du Donateur, source de tous les dons…

· Il faut éviter de rechercher à tout prix une forme particulière d’expérience ; Dieu n’accorde pas les mêmes dons et les mêmes formes d’expériences et de bénédictions à tous (« …Il y a diversité de dons… »)

· Le réveil continu se fait dans les cœurs, au pied de la croix…

· Ne pas rechercher indûment, ni fixer nos yeux sur les miracles de Dieu, mais plutôt sur le Dieu des miracles…

· Il faut aussi éviter de rechercher une partie seulement de l’œuvre du Saint-Esprit :

Ne pas désirer ses dons au détriment de son fruit…

Ne pas désirer la puissance au détriment de la sainteté…

Ne pas désirer les fruits au détriment de l'humilité...

Ne pas s’intéresser à l’évangile des dons et des miracles au détriment de

l’évangile du brisement, du renoncement et du dépouillement de soi…

 

Il nous faut embrasser l’ensemble de l’évangile, qui est complet, entier, équilibré. Tout équipement spirituel en dons sans repentance continue, humilité et amour, est du vent, du bruit, et peut même facilement devenir une pierre d’achoppement, sinon de chute grave (« L’orgueil précède la chute… »). N’est-ce pas ce que dit 1 Corinthiens 13 :1 : «Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas l’amour, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit ».

 

Un péché non confessé ou non délaissé représente un obstacle bien plus grand à la plénitude du Saint-Esprit que le fait de ne pas parler en d’autres langues. Il faut donc faire attention pour ne pas asseoir notre foi sur nos expériences personnelles ou celles des autres, indépendamment de la Bible, et même parfois en contradiction avec elle. De plus, la plénitude du St-Esprit n’est pas une expérience acquise une fois pour toutes ; c’est comme un jardin : il faut sans cesse qu’il soit travaillé, pioché, cultivé, arrosé, nettoyé des mauvaises herbes, etc. (évidemment en recevant de l’Esprit tout ce qui est nécessaire). Nous sommes tous égaux; il n’y a pas deux catégories de chrétiens. Tout chrétien a tout en Jésus, même s’il n’a pas reçu le don des langues, de prophétie, de guérison, d’enseignement, etc. …

 

Le jour où les croyants des deux différents courants de pensée vont revenir à l’équilibre de la Parole de Dieu sur ce point (que ce soit de façon directe ou indirecte), il va y avoir l’amorce d’un mouvement d’unité et d’amour parmi les enfants de Dieu. Nous, les chrétiens dits « charismatiques » (cette différenciation est-elle vraiment fondée et utile ? – pour moi tous les chrétiens sont disponibles et sujets à recevoir les charismes) devront avoir le courage de corriger cette erreur humaine qui a consisté à établir un signe physique et extérieur pour le baptême du Saint-Esprit, alors que rien dans la Parole (et c’est plutôt le contraire) ne justifie cette théorie. Sinon, à la limite de cette tendance, nous pourrions établir aussi un signe physique et extérieur de qui est né de nouveau et qui ne l’est pas…Non, nous n’avons pas à établir de formules toutes faites pour étiqueter des situations spirituelles comme la nouvelle naissance et le baptême de l’Esprit, qui sont des réalités intérieures. Nous devons laisser Dieu agir à sa façon et faire tout ce qu’Il veut (même si c’est de façon « folle »…), sans chercher à tout expliquer et rationaliser, ni non plus à forcer la note et produire des contrefaçons charnelles.

 

Nulle part dans le livre des Actes, on trouve que le don des langues est « prêché » ou qu’il doit l’être (et c’est la même chose pour la plupart des autres dons); sont plutôt prêchés le salut, la sanctification, le service dans l’amour, la communion avec le Dieu trois fois Saint (Père, Fils et Saint-Esprit). Pour ce qui est des dons spirituels (incluant le don des langues), dans le reste du Nouveau Testament, ils sont bel et bien cités, existants, reconnus, manifestes, et sont une grande bénédiction pour l’Église. L’apôtre Paul nous invite même à y aspirer d’une façon naturelle et légitime pour le bénéfice du corps de Christ. Mais nulle part on y voit cette « quête furieuse » pour le don des langues (ou tout autre don), comme c’est devenu la « tradition » malheureusement dans certaines églises au 20e siècle. Le Nouveau Testament met plutôt le focus sur Dieu, qui distribue selon son bon plaisir les dons spirituels à ses enfants, pour Sa gloire et l’avancement de son Église. C’est seulement dans le repos, la confiance et l’abandon total à la souveraineté de Dieu, que l’on peut recevoir les dons et équipements nécessaires pour pouvoir accomplir les œuvres préparées d’avance pour chacun de nous. Dans le Nouveau Testament (en particulier les Actes), les gens semblent toujours recevoir les dons de façon quelque peu inattendue et « non préméditée », d’une manière naturelle et « comme des enfants »… Ils ne semblent pas se casser la tête pour les expliquer, les analyser, les décortiquer, les comprendre, les rationaliser, en connaître le contenu et le comment, le fonctionnement, etc. Ils les reçoivent, les mettent en pratique de façon toute naturelle, et on dirait même, par leur attitude et leur spontanéité, qu’ils en demeurent « comme un peu inconscients », sans tambours ni trompettes, ce qui est la marque de l’humilité. Bien sûr, il y avait déjà des « folies », comme chez les Corinthiens, mais ce n’est pas une raison pour rejeter en bloc les dons, comme certains sont tentés de le faire, vu qu’il y a encore aussi aujourd’hui certaines « folies » et extravagances…Recherchons donc toujours l’équilibre de toute la Parole de Dieu et de toute Sa vérité.

 

Il ne faut pas oublier qu’il est très difficile de se défaire des fausses notions et faux usages qui nous ont été inculqués par les hommes dans les débuts de notre vie chrétienne. Il faut passer beaucoup de temps dans la présence de Dieu, dans sa Parole et la prière, et avoir vraiment un désir et une soif pour la seule vérité de Dieu. Alors seulement le brouillard peut se lever, et faire place à la lumière apportée par le Saint-Esprit, et la liberté qui en découle. D’ailleurs, lorsque ces barrières doctrinales et confessionnelles vont tomber, tous seront véritablement unis « par l’Esprit », dans une même famille, sans distinction « de race et de couleur », comme au début de l’Église, ou tout au moins comme nous le demande la Parole de Dieu.

 

Une autre vérité que le Seigneur m’a apprise au fil des années est celle-ci : toute croyance ou doctrine provenant de la pensée et de la tradition des hommes nous rendra insécurisés et vulnérables, en particulier lorsqu’elle rencontrera une quelconque opposition… D’un autre côté, toute conviction ou réponse nous venant de Dieu nous rendra sécurisés, paisibles, inébranlables, même devant toute forme d’opposition ou de contradiction…Il vaut la peine de réfléchir à cela…

Michel C.

 

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