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25/02/2010

Dieu abandonne-t-il celui qui est tombé? 2ème partie

Des passages mal interprétés ou sortis de leur contexte

D’abord, prenons le passage de l’Évangile de Jean, chapitre 15, versets 1 à 11, et quelle est la compréhension que le Seigneur m’en a donnée. Jean 15 : 1 à 3 : « Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche; et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit. Déjà vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée ». Cette dernière parole est très claire : la position et la sécurité éternelle du croyant ne dépend pas de ce qu’il porte ou non du fruit, mais de ce qu’il a reçu et accepté la parole (de salut) qui lui a été annoncée. Versets 4-5 : « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez pas non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruits, car sans moi vous ne pouvez rien faire. »


Le Seigneur me révéla clairement un moment donné que tout ce passage de l’Évangile de Jean (comme bien d’autres dans la Bible) ne concernait nullement le salut ou la position éternelle du croyant en Christ, mais plutôt sa condition de porter ou non du fruit pour le Royaume de Dieu. La question ici est de savoir si le croyant porte du fruit ou non, et qu’elle est la conséquence de chaque éventualité. Si le croyant demeure en Christ et dans sa Parole, il porte du fruit et demeure dans une condition idéale : paix, joie, sainteté, amour, etc., à la plus grande gloire de Dieu (Galates 5 :22). Verset 6 : « Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche; puis on le ramasse, on le jette au feu, et il brûle ». Quand tous ces versets disent que celui qui ne porte pas de fruit est retranché, qu’il sèche, est jeté au feu et brûle, cela place chaque chrétien dans la même situation que le peuple d’Israël, au travers de toute son histoire, en tant que peuple élu. Il faut comprendre ce passage à la lumière de tout le Nouveau Testament, et même de toute la Bible. Toute l’histoire et le cheminement du peuple d’Israël est un exemple pour la vie de chaque croyant. L’Ancienne Alliance décrit l’appel d’Israël en tant que peuple; la Nouvelle Alliance décrit l’appel d’un individu à la fois, dont l’ensemble produira un peuple spirituel. Israël a eu environ 1500 ans pour pouvoir devenir la lumière des nations et glorifier Dieu, en demeurant dans sa Parole, mais il a échoué de façon lamentable. Est-ce que Dieu a pour cela rejeté son peuple? Non, car Dieu ne se repent pas de son appel et de ses dons – Romains 11 :29 : « Car les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables ». Cependant, Dieu a retranché « pour un temps » son peuple et l’a jeté au feu, au travers des nations qui l’ont persécuté pendant deux mille ans. Il s’agit d’un feu de discipline, de correction, de châtiment, d’un Père qui corrige sévèrement son enfant, pour sa désobéissance chronique et permanente.

 

 

Pour le peuple Juif, l’Holocauste de la deuxième guerre mondiale a comme été le summum de la correction et du jugement (discipline) de Dieu face à son peuple, qui n’a pas su porter de fruit pendant si longtemps. Mais en 1948, après 2000 ans de jugement, de rejet temporaire et de discipline, Dieu a commencé à rétablir son peuple de l’Ancienne Alliance, en faisant renaître, en une seule journée, la nation d’Israël : naissance physique d’abord, en attendant la naissance spirituelle, qui ne saurait tarder. C’est la même chose pour chaque croyant : celui qui demeure dans la foi et l’obéissance demeure dans une bonne communion avec Dieu et porte du fruit à sa gloire (versets 7 à 10 de notre chapitre 15 de Jean) . Celui qui ne demeure pas dans la parole et l’amour de Dieu, devient aussi sujet à être retranché, ôté de sa place, et jeté au feu de la discipline, de la correction et d’une sanctification douloureuse, afin d’être ramené dans les voies et la justice de Dieu (qui suivra la réception de la repentance, et le changement de cœur et de direction opéré par l’Esprit). Par exemple, comme Dieu l’a d’avance expliqué dans Ézéchiel chapitre 34, le Seigneur va écarter de leur place, ou ministère, tous les ouvriers qui se paissent eux-mêmes, au lieu de paître les brebis. Tous les pasteurs et ouvriers qui, au lieu de marcher par l’Esprit, font leurs propres œuvres, pour leur propre gloire et par intérêt personnel, sont susceptibles d’être retranchés et jetés au feu purificateur.

 

En somme, il y a toujours deux feux punitifs différents dans la Bible : le feu éternel pour ceux qui auront librement, volontairement, et catégoriquement refusé Jésus, et le feu purificateur temporaire, durant la vie terrestre, pour ramener ses enfants dans la « condition » (et non la position ou élection) voulue par Dieu pour son peuple de la Nouvelle Alliance, comme Il l’a si longtemps désiré pour son peuple de l’Ancienne Alliance. Versets 7 à 9 : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé. Si vous portez beaucoup de fruit, c’est ainsi que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples. Comme le Père m’a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour. Demeurer dans l’amour de Dieu implique de demeurer sous sa grâce et sa miséricorde, et ne pas tomber dans le piège du légalisme, du pharisaïsme, de l’autoritarisme, etc.  Verset 11 : « Je vous ai dit ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. ». Comment ce dernier verset pourrait-il être vrai, si le sens du passage que l’on vient d’étudier était qu’un croyant peut perdre le salut reçu gratuitement? Dieu ne nous invite pas à demeurer dans son amour en nous faisant constamment la menace de nous rejeter pour toujours, ce serait ridicule – 1 Jean 4 :18 : « La crainte n’est pas dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour ». Il nous faut bien comprendre que le jugement de Dieu est très différent selon qu’il s’agit d’un croyant, ou d’une personne qui n’aura jamais accepté le Seigneur. Pour les enfants de Dieu, il ne s’agit pas d’un châtiment irrévocable et éternel, mais de châtiments temporaires, en vue de leur rétablissement et de leur croissance spirituelle.

 

Tout le passage de Romains chapitre 11 est comme la suite et la confirmation de ce qu’on vient de voir en Jean chapitre 15. Il serait bon que chacun ici puisse le lire dans son entier, car il explique si clairement la notion du rejet temporaire pour « discipline », qui guette le croyant, comme cela a été le cas pour le peuple d’Israël. Voyons cependant plus en détail les versets 19 à 27 :  « Tu diras donc : Les branches ont été retranchées afin que moi je sois greffé. » Quand un ouvrier de Dieu occupe la place inutilement, et qu’il nuit plus aux brebis et au témoignage de Jésus-Christ qu’il n’est utile, Dieu peut l’ôter de son poste (pour un temps plus ou moins long) et en mettre un autre à sa place. Cela s’applique à tous les ministères, à l’échelle de l’église locale, et même d’une organisation entière. « Cela est vrai; elles ont été retranchées pour cause d’incrédulité, et toi, tu subsistes par la foi. Ne t’abandonne pas à l’orgueil, mais crains; car si Dieu n’a pas épargné les branches naturelles (en premier lieu le peuple d’Israël), il ne t’épargnera pas non plus ». Celui qui est concerné par ces paroles devra donc, à cause de son état spirituel et de son  manque de communion avec Dieu, de son incrédulité et de sa désobéissance, être jeté dans le désert de la sécheresse spirituelle, de la souffrance et de la confusion, qu’apporte le fait d’être tombé de sa position de foi et de dépendance de Christ (ce qui est différent de la position éternelle « donnée » par Dieu en Christ seul, comme ce fut le cas pour le « bon » larron, qui n’a même pas eu le temps de faire une seule œuvre de salut, mais qui pourtant a obtenu la vie éternelle). « Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu : sévérité (correction, discipline…) envers ceux qui sont tombés (de leur position de grâce, d’obéissance et de plénitude de l’Esprit; tombés sous la loi, dans le mauvais chemin, dans le péché accompagné d’une absence de repentance…), et bonté de Dieu envers toi, si tu demeures ferme dans cette bonté (en recevant constamment la grâce et le pardon de Dieu et en demeurant sur le terrain de la foi…) : autrement, tu seras aussi retranché » (pour une période de discipline, de correction, de sanctification pratique et de « remise en état de porter du fruit », et non pas retranché pour la vie éternelle, car Dieu ne peut pas se renier, et donc ne peut pas renier « sa  famille »). « Eux de même, s’ils ne persistent pas dans l’incrédulité (nous pouvons en fait résister très longtemps au Saint-Esprit et nous obstiner à refuser la repentance qu’il essaie de nous donner), ils seront greffés; car Dieu est puissant pour les greffer de nouveau. »

 

Lorsque la période de rejet pour « formation intense » a réussi à atteindre le résultat escompté par Dieu, pour le plus grand bien et le bonheur de son enfant, Dieu est capable d’insérer dans le cœur du croyant mort à lui-même (comme ce fut le cas pour l’enfant prodigue), la repentance nécessaire et salutaire, pour le rétablir dans la grâce et la bénédiction (quoique la discipline de Dieu soit aussi une grâce). « Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne vous regardiez point comme sages : une partie d’Israël (et aujourd’hui du Corps de Christ) est tombée dans l’endurcissement (et non pas dans la mort éternelle), jusqu’à ce que la totalité des païens soit entrée. Et ainsi tout Israël (de même que tous les « rachetés » de la Nouvelle Alliance) sera sauvé, selon qu’il est écrit : Le libérateur viendra de Sion, et il détournera de Jacob les impiétés; et ce sera mon alliance avec eux, lorsque j’ôterai leurs péchés. »

 

Il s’agit toujours d’une œuvre de Dieu et de sa grâce en Jésus-Christ, du début à la fin, comme le démontre le Psaumes 121 :8: « L’Éternel gardera ton départ et ton arrivée, dès maintenant et à jamais », même si, entre les deux, il peut y avoir des périodes d’égarement et même de « coma spirituel ». Notre part à nous est de ne pas résister à la grâce et à l’Esprit de Dieu; pour le reste, nous ne pouvons rien faire sans Jésus, et cela, pour toute la durée de notre pèlerinage chrétien, à part recevoir tout ce qui a été accompli d’avance par Christ, et dépendre totalement de Dieu – Philippiens 2 : 13 : « …Car c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. » Jean 6 :28-29 : « Ils lui dirent : Que devons-nous faire, pour accomplir les œuvres de Dieu? Jésus leur répondit : L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyez en celui qu’il a envoyé ». Commentant l’épisode du jeune homme riche tel que relaté en Marc chapitre 15, l’auteur Émile Dallière s’exprime avec justesse, dans son fascicule « Quand c’est gratuit, c’est gratuit » (Éditions de Radio Réveil et Paroles de Vie) : « Le jeune homme riche n’avait pas seulement mis en avant la notion de ce qui est bon, mais celle des actes à accomplir pour obtenir la vie éternelle. En somme, il voulait être renseigné sur ce qu’il y avait de bon à faire. Il voulait mériter la vie éternelle, la conquérir, l’acheter. Quand on se propose d’acheter quelque chose, c’est parce qu’on pense qu’on est suffisamment riche (même en biens spirituels…) pour en payer le prix…Ainsi la satisfaction même procurée par l’observateur d’une partie de la Loi apparaît soudainement dans toute son horreur comme une richesse injuste, une forme d’orgueil qui devient un obstacle de plus à l’entrée (et à demeurer) dans le royaume…Il reste aux disciples une chose encore à apprendre, c’est que leur consécration n’a pas de mérite en elle-même. Cette consécration, lorsqu’elle est accomplie par l’homme, n’est encore qu’un des aspects de la Loi. Elle ne pourra voir d’effet que lorsqu’elle sera, dans l’homme, le produit de la croix de Jésus. Ce n’est pas notre consécration, notre abandon, notre renoncement qui nous sauve; il n’y a dans ces choses aucun mérite. Ce qui sauve (à la nouvelle naissance et après), c’est la croix de Jésus lorsqu’elle les opère en nous…La réponse du Seigneur au jeune homme riche est aussi donnée dans l’explication fournie aux ouvriers de la première heure : « Si tu veux un salaire, tu auras un salaire, c’est tout. Mais tu resteras un mercenaire. Si tu te places sur le terrain légal, tu restes en dehors de la Vie, car la Vie est un don de la Grâce de Dieu. Tant que tu es en droit d’exiger quelque chose, tu restes sous la Loi. Tant que tu es conscient de mériter quelque chose, tant que ton travail t’assures dans ton esprit le droit de revendiquer ton salaire, tu restes un mercenaire. Tu es sous la Loi, tu n’es pas sauvé (dans le sens aussi de délivré, restauré, sanctifié, glorifié, etc.). Tu te crois parmi les premiers, mais les premiers seront les derniers. Tu te crois riche, tu crois que tu n’as pas besoin de la Grâce, parce que tu t’es donné complètement au Seigneur. Tu as consacré ta vie, tes biens, ton être entier, mais tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu (Apocalypse 3 :17) ». Ce qui nous emmène à la conclusion tout à fait biblique que si quelqu’un croit y être pour quelque chose dans le fait de conserver « son » (!?) salut, ne fut-ce que dans une infime partie, il a alors sujet de se glorifier, ce qui revient à une dénégation partielle de la grâce, et à une forme d’orgueil et de légalisme. Et cette tendance est malheureusement innée en nous; il nous faudra la repousser (avec l’aide de l’Esprit) tout au long de notre vie.

 

Prenons maintenant le passage de 2 Corinthiens 13 : 5-6 : « Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi; éprouvez-vous vous-mêmes. Ne reconnaissez-vous pas que Jésus-Christ est en vous? À moins peut-être que vous ne soyez désapprouvés. » Ici, le mot désapprouvés ne signifie pas qu’il y a perte du salut, mais plutôt, dans le même sens que Jean chapitre 15, qu’il n’y a pas de fruit porté pour Dieu, à cause de la présence « tolérée » du péché. Le mauvais témoignage de tels chrétiens annule et discrédite la proclamation de l’Évangile, et rend ces croyants « désapprouvés », dans le sens qu’en ne demeurant pas dans la sainteté et la justice de Dieu, ils ne peuvent pas le glorifier. « Mais j’espère que vous reconnaîtrez que nous, nous ne sommes pas désapprouvés. » L’apôtre Paul veut expliquer que son enseignement et sa vie démontrent qu’il n’est pas « désapprouvé » ou « à côté de la track »! Cela n’a rien à voir avec le cas de la perte ou non du salut. Un croyant qui marche dans la volonté de Dieu est approuvé; un croyant qui ne marche pas dans la bonne voie, la volonté et l’amour de Dieu est désapprouvé, aux yeux de Dieu, aux yeux de ceux qui vivent en communion avec le Seigneur, et même aux yeux des païens... C’est souvent la conduite du croyant (porte-t-il du fruit ou non – Galates 5 : 17 à 22) qui démontre s’il marche par l’Esprit ou dans la chair. Cependant, on peut marcher dans la chair pendant des années, et ainsi être désapprouvé, sans pour autant perdre le salut de Dieu. Être désapprouvé vaut pour notre service chrétien, pas pour notre élection éternelle, inscrite de toute éternité.

 

C’est aussi dans ce même sens qu’il est dit dans 1 Corinthiens 15 :1 à 4 : « Je vous rappelle, frères, l’Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous avez persévéré, et par lequel vous êtes sauvés (le mot sauvé dans le Nouveau Testament est aussi utilisé pour exprimer les différents sens de délivré, en sécurité, protégé, guéri, restauré, en santé spirituelle, sanctifié, libéré du mal et du siècle mauvais, et ce, dans la vie pratique de tous les jours…) , si vous le retenez dans les termes où je vous l’ai annoncé (la grâce et non pas les œuvres, la foi et non pas la loi ni la sagesse humaine); autrement vous auriez cru en vain (c’est-à-dire vous vivrez dans la sécheresse spirituelle, la défaite, la souffrance et vous ne porterez aucun fruit…). Je vous ai enseigné avant tout, comme je l’avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures; il a été enseveli, et il est ressuscité le troisième jour, selon les écritures… »

 

Il y a aussi un certain nombre de versets qui peuvent être traités en même temps…D’abord 1 Timothée 4 :1 : « Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons… » -- 1 Pierre 4 :17 : « Car c’est le moment où le jugement va commencer par la maison de Dieu. Or, si c’est par nous qu’il commence, quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de Dieu? » -- Luc 17 :34-35 : « Je vous le dis, en cette nuit-là, de deux personnes qui seront dans un même lit, l’une sera prise et l’autre laissée; de deux femmes qui moudront ensemble, l’une sera prise et l’autre laissée. »  Bon, il est vrai que plusieurs versets du Nouveau Testament semblent démontrer que des croyants peuvent effectivement abandonner le Seigneur (pour une période plus ou moins longue); mais nulle part il est dit que le Seigneur les abandonnera. Que l’on pense à l’enfant prodigue, et même au peuple d’Israël dans son ensemble; Dieu ne les a pas abandonnés, même si eux l’ont fait…Pierre a même renié Jésus (abjuré sa foi) trois fois, dans un moment d’extrême faiblesse, mais Dieu ne l’a pas excommunié pour ça! De plus, nous devons tenir compte de la parabole du semeur et des quatre terrains différents (Matthieu 13 : 1 à 23 et Luc 8 : 4 à 15), qui en fait représentent quatre sortes de « croyants » ou de réponses à la Parole de Dieu : 1) le faux circoncis ou celui qui refuse l’offre de Dieu -- 2) le croyant émotionnel et social -- 3) le croyant intellectuel et « religieux » -- 4) le croyant qui vit par l’Esprit. Le premier a entendu mais n’a pas reçu l’Évangile; il n’est pas né de nouveau, il passe outre… Les deuxième et troisième ont reçu la Parole, mais ils ne portent pas de fruit véritable à long terme, étouffés par les épreuves et les choses du monde. Le quatrième est le vrai disciple, il ne cesse de porter du fruit pour le Royaume de Dieu. Et même si un vrai croyant abandonne (pour un temps…) la foi et le chemin du Seigneur, rien n’empêchera ce dernier de le « coincer » dans un « cul-de-sac » de misère, et de le ramener au bercail. Il nous faut absolument tenir compte de l’explication même que Jésus donne de la parabole. En ce qui concerne les croyants (nés de nouveau) qui ne portent pas de fruits (il n’est pas dit toutefois que Dieu les abandonnera – même situation que le peuple d’Israël durant 1500 ans), Jésus proclame en Romains 8 :1 : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ », et en Hébreux 13 :5 : « …Je ne te délaisserai point, et je ne t’abandonnerai point ». Nous pouvons aussi retrouver, tout au cours du cheminement d’un seul et même croyant, les quatre terrains, selon que son cœur sera ouvert ou non aux différentes semences (appels, instructions, directions, avertissements, révélations…) que Dieu déposera dans son cœur.

 

De toute façon, seul Dieu peut vraiment savoir, dans bien des cas, sans aucun risque d’erreur, qui sont les véritables croyants (inscrits dans le Livre de vie). Quant à nous, nous pouvons nous tromper dans plusieurs cas. De plus, il est fort possible qu’avant l’enlèvement, de vrais croyants abandonnent le Seigneur; mais le fait d’être laissés sera pour eux comme un coup de tonnerre sonnant leur réveil et leur retour à la foi. Seulement, comme discipline pour leur mollesse (le Seigneur corrige ses enfants qu’Il aime), ils devront subir toutes les affres d’une période de tribulations. On voit bien qu’il nous est impossible de tout savoir avec certitude, quant au cheminement des croyants, et de comprendre aisément et parfaitement toute la Parole de Dieu du début à la fin. Nous avons besoin que Dieu nous l’explique lui-même, progressivement; évidemment si nous le désirons et le lui demandons. Mais il s’agit là aussi d’une opportunité de nous en remettre totalement à Dieu dans la foi et l’humilité, lui laissant les zones grises dues à notre faiblesse et à notre ignorance…

 

Il y a aussi la parabole des dix vierges (Matthieu 25 :1 à 13), à laquelle il nous est possible de donner une interprétation et une application valables, qui s’accordent avec la révélation biblique dans son ensemble. Voici, pour ma part, comment j’ai pu, un jour, saisir cette parabole : Les vierges folles ne représentent pas des croyants nés de nouveau; elles ont bien leurs lampes (leurs bibles, la Parole de Dieu), mais n’ont pas d’huile (le Saint-Esprit). N’ayant pas le St-Esprit (ce sont des croyants « nominaux »), elles n’appartiennent pas à Dieu, c’est pourquoi Jésus leur répond au verset 12 : « Je ne vous connais pas », ce qui est très fort, et signifie que ces vierges ne sont pas son épouse (le verbe connaître qui est employé dans la Bible pour la relation intime mari-épouse est ici employé de la même manière pour la relation Christ-Église). L’assertion « Je ne vous connais pas » démontre clairement que ces « vierges folles » n’ont jamais appartenu au Seigneur, ne sont donc jamais nées de nouveau, pour devenir son épouse. Il s’agit tout simplement de « personnes religieuses » ayant roulé leur bosse au sein de l’Église, sans jamais avoir passé par la repentance et la conversion. Il s’agit parfois même de « bonnes personnes » (à nos yeux), qui ont pu s’impliquer dans l’Église et faire une quantité de bonnes choses. Mais le critère pour Dieu demeure absolu : « Il faut que vous naissiez de nouveau », dit Jésus, et cela n’a rien à voir avec toutes nos « bonnes œuvres », souvent opérées dans la chair, voire même le péché (comme l’orgueil par exemple…).

 

Il nous reste maintenant les fameux passages de l’épître aux Hébreux, qui, mal compris, ont créé tellement de remous chez tant de croyants fragiles et sensibles. Moi non plus, je ne comprenais pas ces passages; ils m’ont souvent interpellé, pour ne pas dire quelque peu troublé, mais pas outre mesure, car le Seigneur m’accorda le réflexe de m’en remettre totalement à lui, et de ne pas m’en faire pour mon ignorance sur les passages en question. Mais, rendu à un certain moment de ma vie chrétienne, je lui demandai de me les expliquer, et il me répondit progressivement, par étapes, et d’une façon toujours plus limpide et apaisante.

Prenons d’abord le passage d’Hébreux 6 : 4 à 6 : «Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés (réception de la grâce et de la vie éternelle), qui ont goûté le don céleste (Jésus lui-même…), qui ont eu part au Saint-Esprit, qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les puissances du siècle à venir (la puissance de Dieu dans les miracles, les bénédictions , les dons spirituels, les personnes transformées, etc.), et qui sont tombés, soient encore renouvelés et amenés à la repentance, puisqu’ils crucifient pour leur part le Fils de Dieu et l’exposent à l’ignominie ». D’abord, à qui s’adresse en premier lieu cette épître? Aux croyants hébreux (et indirectement à chacun de nous). Et quel était le propre et la tendance de ces croyants, en regard du Nouveau Testament en général? C’est qu’ils avaient la fâcheuse tendance à retourner à la loi, et ainsi à déchoir de la grâce. Voyons le début du verset 6 : « …Et qui sont tombés… ». Mais tombés de quoi ou dans quoi? Tombés dans le péché? Pas selon qu’on l’entend habituellement, car si le fait de tomber dans le péché nous empêche d’être renouvelés et ramenés à la repentance à nouveau, cela contredirait une foule d’autres versets de la Parole de Dieu. Par exemple, Jésus nous demande de pardonner à la même personne 7 fois 77 fois par jour pour le même péché, s’il se repent et le confesse…Puis il y a le cas (de bien du monde) de l’enfant prodigue…

 

Puis il y a une multitude de versets qui affirment que « la miséricorde de Dieu dure à toujours ». Aucun péché ou multitude de péchés ne peuvent rendre un inconverti ou un croyant, inapte à la repentance et au salut : tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir, dit-on souvent. Donc, il ne s’agit pas ici d’être tombés dans un péché précis dans le sens courant du terme; le passage en question (qui s’adresse d’abord aux Juifs croyants puis à nous tous) veut plutôt signifier tombés dans le légalisme, sous la loi, dans les œuvres de propre justice, tombés de la position de la grâce, et c’est pourquoi l’apôtre Paul dit en Hébreux 6 : 1 et 2 qu’il lui faut encore « poser de nouveau le fondement du renoncement aux œuvres mortes (celles issues de la loi et de la chair), de la foi en Dieu » (régime de la grâce et de la rédemption en Jésus-Christ seul). Il a aussi commencé à exposer le problème dans le chapitre précédent, soit en Hébreux 5 : 12 : «  Vous, en effet, qui depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez encore besoin qu’on vous enseigne les principes élémentaires des oracles de Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait (le salut par grâce, la sanctification par grâce…) et non d’une nourriture solide ». Le passage explique donc que si on retourne à la loi mosaïque, se mettant de nouveau sous le joug du système religieux légaliste et pharisaïque, il n’y a pas de repentance possible ni de renouvellement des croyants, tant que perdure cet état d’aveuglement. De plus, en retombant sous le régime des œuvres de la loi et de la chair, c’est comme si nous crucifions encore une fois Christ, dans le sens que nous nous trouvons par ce fait (même si c’est inconsciemment) à tenir pour rien la croix et l’œuvre du Seigneur.

 

Il est manifeste que les gens qui sont sous la loi ou qui y retournent, semblent incapables de vraie repentance : ils sont comme paralysés, et vivent souvent dans l'hypocrisie, s’efforçant à nettoyer seulement le « dehors de la coupe ». D’ailleurs, l’épître aux Hébreux, dans une grande partie, est une épître sœur de celle qui a été adressée aux Galates, qui, sous l’influence de judaïsants, avaient aussi délaissé le message simple de l’Évangile de la grâce pour retourner au légalisme – Galates 5 : 4 : « Vous êtes séparés de Christ (vous l’exposez à l’ignominie), vous tous qui cherchez la justification dans la loi; vous êtes déchus de la grâce ». Les deux passages (Hébreux et Galates) ont un même sens. Ils n’enseignent pas que les croyants perdent le salut reçu, ça n’a aucun rapport avec le contexte des épîtres dans leur ensemble. Ils enseignent plutôt que retourner à la loi nous met dans une position de déchéance de la grâce et de séparation de la communion avec Christ, de stérilité, tant que durent cette façon de penser et cette situation dans notre vie personnelle et celle de l’église – Hébreux 6 : 7-8 : «  Lorsqu’une terre abreuvée par la pluie qui tombe souvent sur elle, produit une herbe utile à ceux pour qui elle est cultivée, elle participe à la bénédiction de Dieu; mais, si elle produit des épines et des chardons, elle est réprouvée et près d’être maudite, et on finit par y mettre le feu » -- 1 Corinthiens 3 : 15 : « Si l’œuvre de quelqu’un est consumée, il perdra sa récompense; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu. »

 

Encore une fois, comme pour tous les passages étudiés précédemment, il s’agit de la même question de porter ou non du fruit : sous la grâce, il y a fruit de l’Esprit, communion et bénédiction de Dieu. Sous la loi, il y a perte de communion avec Dieu, pas de fruit, la discipline (le feu purificateur) obligatoire du Seigneur, la honte pour le croyant et l’œuvre de Christ (v. 7 et 8). Mais malgré ce qui vient d’être dit, l’apôtre Paul rajoute au verset 9 : « Quoique nous parlions ainsi, bien-aimés, nous attendons, pour ce qui vous concerne, des choses meilleures et favorables au salut ». Le glissement de la grâce à la loi, quoique déplorable et dévastateur, n’est pas irrémédiable. L’apôtre, après les avoir invectivés, désire que les frères qui s’égarent ainsi reviennent à leur bon sens et se remettent sous la croix de Christ. Mais tant que ce retour n’aura pas lieu, il n’y a aucune sanctification, aucun renouvellement de l’intelligence, aucun fruit, aucune paix, aucune joie, aucune puissance, rien… Le passage d’Hébreux 6 : 4 à 6 ne peut donc être compris que si on le laisse dans le contexte des chapitre 5 et 6 en entier, du contexte de toute l’épître, et même du contexte de tout le Nouveau Testament. Dieu ne se contredit jamais, « car, par une seule offrande, il a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiésEt je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités (incluant leur période de légalisme et d’égarement). Or, là où il y a pardon des péchés, il n’y a plus d’offrande pour le péché (Hébreux 10 : 14 et 17-18). Nous ne pouvons jamais interpréter des versets « difficiles » en les isolant du reste du Livre.

 

C’est toujours dans la même optique (loi versus foi et grâce) que nous devons comprendre le passage d’Hébreux 10 : 26 à 31 : « Car, si nous péchons volontairement (absence de crainte de Dieu, tenter Dieu, désobéissance entretenue, légalisme, déchéance de la grâce, endurcissement, orgueil et rébellion…) après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, mais une attente terrible du jugement et l’ardeur d’un feu qui dévorera les rebellesDe quel pire châtiment pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu (mépris de la grâce de Dieu), qui aura tenu pour profane le sang de l’alliance (retour à la loi) par lequel il a été sanctifié, et qui aura outragé l’Esprit de la grâce (refus de la repentance et du pardon de Dieu)? Car nous connaissons celui qui a dit : A moi la vengeance, à moi la rétribution! et encore : Le Seigneur jugera son peuple. C’est une chose terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant. » Encore une fois, il s’agit du jugement qui attend le croyant qui s’enlise dans une mauvaise voie, n’étant pas celle de la grâce et de la miséricorde, qui demeure dans son iniquité, résiste au Saint-Esprit, à la sanctification et à la volonté de Dieu. Il s’agit d’un jugement qui a lieu sur cette terre : discipline, correction, épreuves, misère, toutes les conséquences de la désobéissance et de l’endurcissement du cœur. Il ne s’agit pas du châtiment éternel, car la volonté de Dieu n’est pas de les perdre, mais de les corriger afin de les ramener à la vie : Ezéchiel 33 :11 : « Dis-leur : Je suis vivant! dit le Seigneur, l’Éternel, ce que je désire, ce n’est pas que le méchant meure, c’est qu’il change de conduite et qu’il vive. Revenez, revenez de votre mauvaise voie; et pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël? Et pour que nous revenions à lui, Dieu est prêt à prendre tous les moyens « de jugement » qu’il faut, ce qui pourra même s’avérer pour nous ici-bas une véritable catastrophe et de véritables calamités, si besoin est – Hébreux 12 : 5 à 7 : « Et vous avez oublié l’exhortation qui vous est adressée comme à des fils : Mon fils, ne méprise pas le châtiment du Seigneur, et ne perds pas courage lorsqu’il te reprend; car le Seigneur châtie celui qu’il aime, et il frappe de la verge tous ceux qu’il reconnaît pour ses fils. Supportez le châtiment : c’est comme des fils que Dieu vous traite; car quel est le fils qu’un père ne châtie pas? »

 

Il est dit ailleurs dans le Nouveau Testament que le jugement (discipline sévère) de Dieu allait commencer par son Église, car Jésus veut venir chercher une Église glorieuse et sans tâche (entièrement sous la grâce et la justice de Dieu). A toutes les fois que Dieu parle de jugement pour ses enfants, il nous faut toujours comprendre qu’il s’agit de correction dans cette vie terrestre et non pas de la perte de la vie éternelle – Romains 8 :1 : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ ». Ne jamais confondre jugement et condamnation. Bien des jugements se concluent par la déclaration d’innocence de celui qui est en procès. De plus, la grâce ne peut jamais s’exercer que sur quelqu’un qui a déjà été condamné. Et Jésus a été condamné, à notre place; il a payé lui-même le prix total et définitif pour notre acquittement.

 

Il nous faut comprendre la Parole de Dieu dans son ensemble et sa complémentarité. La lumière nous vient de toute la Parole de Dieu, pas juste d’un ou quelques passages. Hébreux 10 :35 et 38: « N’abandonnez donc pas votre assurance (qui ne peut provenir que d’une foi totale en Dieu, en sa miséricorde et en sa fidélité), à laquelle est attachée une grande rémunération… Et mon juste vivra par la foi (Hébreux 11 : 6a : « Or, sans la foi, il est impossible de lui être agréable… »); mais s’il se retire (du régime de la grâce et de la foi, de la volonté et de la justice de Dieu), mon âme ne prend pas plaisir en lui ». C’est bien sûr que Dieu ne prend pas plaisir en nous quand nous ne marchons plus par la foi, ou quand nous nous endurcissons dans le péché et la désobéissance; mais cela ne veut pas dire qu’il va nous abandonner pour ça. Verset 39 : « Nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se perdre… » ((dans le labyrinthe de la confusion, comme l’enfant prodigue par exemple, ou selon Matthieu 10 :39 : « Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera »)), mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme » (de la stérilité et de la souffrance du péché, en mettant toute leur confiance en Christ et non pas en eux-mêmes).

 

Enfin, il y a le verset qui dit que « sans la sanctification nul ne verra le Seigneur » (Hébreux 12 :14). C’est que la sanctification a deux volets ou deux applications. D’abord il y a la sanctification de « position » (ou d’élection), qui se produit à la nouvelle naissance. Le mot sanctification ayant pour sens « être séparé de », pour voir Dieu et son Royaume, et ainsi être séparé des ténèbres du monde, « il faut que vous naissiez de nouveau » dit Jésus. Ensuite pour celui qui est déjà croyant, la sanctification, qui doit toujours être en croissance, en progression, est aussi une condition pour que le croyant puisse voir le Seigneur agir dans sa vie et celle des autres, qu’il puisse aussi connaître la volonté et les œuvres préparées d’avance pour lui, qu’il puisse voir le Seigneur des miracles et des bénédictions. Sans une réelle sanctification (séparé de plus en plus du monde), le croyant marchera lui aussi plus ou moins dans les ténèbres, la confusion et l’ignorance de la justice de Dieu. Sa communion avec le Seigneur étant affectée, il redevient plus ou moins aveugle en ce qui concerne l’œuvre de Dieu et de son Royaume – Ésaïe 59 : 2 : « Mais ce sont vos crimes qui mettent une séparation entre vous et votre Dieu; ce sont vos péchés qui vous cachent sa face et l’empêchent de vous écouter. »Cela n’a donc encore rien à voir avec une possibilité de perte du salut de Dieu.

Michel C.

Commentaires

dieu n abandonne jamais celui qui est tombé psaume 37 verset 25 jeremie 1 verset 8 il suffit de mettre toute sa confiance en lui si tu veux qu on en parle écris moi fannycros@yahoo.fr

Écrit par : fanny cros | 14/03/2010

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