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01/03/2010

Dieu abandonne-t-il celui qui est tombé ? 3ème partie

Des déductions de notre « sagesse humaine »

Une autre raison qui a contribué à la naissance et à la propagation de la doctrine de la « perte possible du salut reçu de Dieu », est l’éternel problème qui consiste en ce que nous établissons souvent des doctrines et des traditions en fonction de ce que « nous voyons », échafaudant nos interprétations à partir de circonstances ou de situations données, au lieu de demeurer fondés dans la Parole de Dieu. Le problème fondamental ici est que nous ne savons pas toujours, en ce qui concerne certaines personnes dans l’Église, où elles en sont vraiment, si elles sont nées de nouveau ou pas, etc. … Des personnes peuvent aller dans une église pendant des années, participer à la plupart des activités, sans pour autant être nées de nouveau. Un moment donné, pour quelque raison que ce soit, elles viennent à quitter l’église, pour ne plus y revenir (et souvent elles ne vont pas non plus ailleurs). La tentation est forte pour les dirigeants et chrétiens en général de déduire qu’il s’agit de croyants qui ont perdu leur salut…Il y a aussi la situation de gens qui sont vraiment nés de nouveau, mais qui se retirent de l’église, à cause de blessures ou de traumatismes dont ils ne se sont pas relevés, à cause de leur propre faiblesse, ou à cause de la chute même de l’Église…Tous ces gens peuvent cependant demeurés attachés à Christ pendant de nombreuses années, au moins dans une certaine mesure, même si évidemment leur croissance spirituelle pourra en être mitigée ou déficiente.


Il y a aussi tous les cas ressemblant à celui du « fils prodigue » : le fils prodigue est l’image du chrétien né de nouveau, du véritable enfant de Dieu, car, avant de partir, il demeure déjà dans la maison de son père. Or, un moment donné, il se lasse de la « routine chrétienne », et décide de retourner dans le monde, croyant que la vie y est plus intéressante. C’est donc volontairement qu’il abandonne la maison de son père, renie ni plus ni moins sa position de fils, et qu’il se met, pour de nombreuses années, sous le joug du péché, des plaisirs et de la « jouissance » du monde. Est-ce que le père l’abandonne et le renie comme fils, même si ce dernier se détourne de lui, et exige même son héritage pour « changer d’allégeance »? Absolument pas. Un père ne peut pas renier son fils, peu importe ce qu’il fait ou fera. Tout comme l’alliance de sang entre un père terrestre et son fils est permanente, quoique le fils devienne, l’alliance de l’Esprit entre le Père et l’enfant engendré en Jésus-Christ ne pourra être coupée, peu importe ce qui arrivera au fils. C’est ce que démontre clairement la parabole du fils prodigue : le père attendra le retour de son fils jusqu’à ce que dernier puisse être brisé et démoli, au point d’être sensible au travail du Saint-Esprit, et d’en recevoir la repentance et le désir de retourner dans sa « condition » première, qui n’a jamais été mise en doute par le Père. Bien sûr que pour le croyant qui, comme l’enfant prodigue, abandonne (plus ou moins volontairement) le Seigneur, il doit s’attendre à beaucoup de souffrances, de difficultés, de malheurs et de déceptions, même s’il ne perd pas son statut de fils (le salut reçu de Dieu).

Pour ma part, je crois maintenant de tout mon cœur que Dieu n’abandonnera jamais un élu, un croyant né de nouveau, un de ses enfants, même si ce dernier l’abandonne pour un temps, et même pour un grand nombre d’années. Malgré un endurcissement prolongé, Dieu réussira toujours à les reprendre dans sa main, au travers des tribulations, des souffrances, des angoisses et des remords vécues par ses enfants fugueurs, et qui les emmèneront à accepter le travail de conviction du Saint-Esprit, et à entendre le cri d’amour de leur Père. Cela pourra se produire 10 ans ou 20 ans après la fugue, une année avant de mourir, une heure avant de mourir, 5 minutes avant de mourir, peu importe… Dieu ne perdra aucun de ses enfants, il les reprendra à coup sûr, personne ne peut lui ravir un de ses enfants (Jean 10 : 27 à 29). Rien, ni la chute prolongée, ni la multitude des péchés, ni Satan, ni le monde ne peuvent ravir un enfant de la main de Dieu – Romains 8 : 38-39 : « Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur ».

Il ne s’agit pas non plus d’aimer le péché ni de s’y vautrer, sous prétexte que de toute façon on sera sauvé : cela est tenter Dieu et est une attitude inacceptable, voire diabolique. De toute façon le croyant ne peut pas survivre indéfiniment dans une telle attitude : elle est trop souffrante, et elle devient insupportable à la longue. D’autre part, si la doctrine voulant que le croyant peut perdre le salut reçu de Dieu est vraie, cela place notre Père dans une position quelque peu absurde : Dieu sachant l’avenir, pourquoi donnerait-il la nouvelle naissance et le salut (la vie éternelle) à des gens dont Il sait d’avance qu’ils le perdraient par la suite.

Michel C.

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