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03/03/2010

Dieu abandonne-t-il celui qui est tombé ? 5ème partie

Deux enseignements extrêmes et inappropriés

Enseigner que le croyant peut perdre le salut reçu de Dieu est donc une doctrine « extrême », sans réel fondement biblique. La Bible ne nous donne aucun mandat pour l’enseigner. Étant donné que cette notion (ni même son expression) ne nous est pas donnée dans la Bible, et comme nous ne possédons pas toutes les connaissances pour cerner la situation spirituelle de tous les croyants, laissons donc tout cela à Dieu et cessons d’enseigner (et même prononcer) cette théorie, qui fait trop l’affaire de Satan (ne fut-ce que pour la division que cela a entraîné dans l’Église). Comme on l’a vu auparavant, la Bible ne cache pas que des croyants abandonneront le Seigneur (comme l’a fait Israël et la multitude « d’enfants prodigues » depuis 2000 ans), mais elle n’affirme nulle part que Dieu les abandonnera, et que donc un croyant peut perdre le salut qu’il a déjà reçu – Hébreux 13 :5b : « Car Dieu lui-même a dit : Je ne te délaisserai point, et je ne t’abandonnerai point ». Nous devons savoir qu’il est très difficile de rendre l’ordre des mots tel qu’il figure dans le texte original grec, où la phrase contient cinq négations… La traduction littérale donnerait ceci : « Je ne te laisserai pas tomber! Jamais! Non! Jamais et en aucun cas, je ne t’abandonnerai! »


En fin de compte, étant donné que seul Dieu possède la liste éternelle de tous les rachetés, nous ne pourrons jamais tout savoir sur tout le monde dans l’Église, et savoir avec une totale certitude si certaines personnes sont sauvées ou pas. Nous ne pouvons pas non plus savoir ce qui se passe dans les derniers moments de la vie de gens qui ont auparavant accepté la foi, et qui semblent ensuite l’avoir abandonnée. Sans compter tous les incroyants qui, depuis 2000 ans, ont donné leur vie au Seigneur dans les derniers instants de leur existence…Ésaïe 46 : 3-4 – Version Semeur : « Écoutez-moi, gens de Jacob, vous tous qui subsistez du peuple d’Israël, vous que j’ai pris en charge dès avant la naissance, que j’ai portés dès le sein maternel : Je resterai le même jusqu’à votre vieillesse et je vous soutiendrai jusqu’à vos cheveux blancs. C’est moi qui vous ai soutenus, et je vous porterai, oui, je vous soutiendrai et vous délivrerai ».

 

A l’opposé, l’autre enseignement « extrême » (même s’il est fait la plupart du temps de façon subtile et indirecte), voulant qu’un croyant ne peut perdre le salut quoiqu’il fasse, et qu’il ne doit pas trop s’en faire avec ses faiblesses, ses manquements et compromis, et le péché en général, est aussi perfide et nuisible que le premier. Affirmer, que ce soit directement ou indirectement, que le croyant peut pécher à profusion sans que cela n’affecte sa position de « sauvé », est une insulte à Dieu et à sa Parole. Cela n’encourage certainement pas les chrétiens à désirer la repentance et la sanctification, à résister aux tentations et à en finir avec le péché. Cet enseignement est aussi anti-biblique que l’autre. L’apôtre Paul d’ailleurs de s’indigner : Romains 6 : 1-2 et 15 : « Que dirons-nous donc? Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde? Loin de là! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché? … Quoi donc? Pécherions-nous, parce que nous sommes, non sous la loi, mais sous la grâce? Loin de là! » Plusieurs passages de la première épître de Jean invalident aussi cette tendance malsaine : 1 Jean 2 :4 : « Celui qui dit : Je l’ai connu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur, et la vérité n’est point en lui. » -- 1 Jean 3 : 9 : « Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui; et il ne peut pécher, parce qu’il est né de Dieu ». Insister sur le fait que le croyant ne peut perdre le salut reçu de Dieu, peu importe ce qu’il fait, et peu importe les péchés qu’il commet (dans le sens qu’il n’a pas à se casser la tête avec ça, que c’est pas grave, etc.), est un enseignement tout aussi pernicieux que le premier; il est contraire au message de la Bible. Cela ne peut qu’encourager les croyants à la mollesse, à « se la couler douce », à tolérer et à cacher le péché, et à s’asseoir sur une condition spirituelle infirme, ce qui nécessitera une sévère correction de Dieu durant cette vie, afin que l’âme soit sauvée « de justesse et comme au travers du feu ». Comme le dit l’apôtre Paul en 1 Corinthiens 5 :5 : « Qu’un tel homme soit livré à Satan pour la destruction de la chair, afin que l’esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus. »

 

La vérité et la justice de Dieu sont toujours en équilibre dans toute sa Parole. Sur plusieurs points cependant, il reste souvent une certaine zone grise, que nous sommes incapables de dissiper, dans notre connaissance partielle. Prenons donc soin de n’enseigner ni l’une ni l’autre de ces deux doctrines opposées et sectaires, qui semblent, à première vue (humaine), avoir chacune une certaine mesure de « logique » et de véracité, dépendamment des personnes ou des situations auxquelles on essaie de les appliquer. Nos croyances dépendent aussi trop souvent de l’interprétation qu’on a décidé de donner à certains versets de l’écriture, à partir des enseignements que nous avons reçu des hommes, provenant de différentes tendances théologiques confessionnelles. Comme les enfants naturels, les enfants de Dieu trouvent toujours moyen de se chicaner, et s’ingénient à établir des points de dissension! Suivons plutôt les traces de notre Maître, en vivant dans une saine collaboration et un amour fraternel sincère.

Michel C.

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